Réponse à Monsieur le Ministre de l’agriculture sur son intervention.

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Dr. Badreddine Benyoussef Dr. Badreddine Benyoussef

Badreddine BENYOUCEF, Docteur en économie rurale et agricole – Expert agricole Réponse à Monsieur le Ministre de l’agriculture sur son intervention du 7 janvier 2013 où il l’annonce que 2103 sera « une année charnière.»Ce qui m’a donné envie de répondre à Monsieur Rachid Benaïssa est sa recommandation : « Je vous demande de poser des problèmes réels et véritables, car s’il y a de faux problèmes, je vous somme de les laisser de côté et passer à l’essentiel. »

Alors, je me permets de passer à l’essentiel…Je prends soin de lui répondre, lui,  qui annonçait à l’occasion de la 16ème Session trimestrielle d’évaluation des contrats de performances des wilayas.

Il reconnait tout de même « une longue marche ». Le plus difficile… et il poursuit qu’il reste à élever la cadence et passer à une vitesse de production supérieure en sauvegardant ce qui a déjà été acquis»

Oui, ce qui a été acquis est visible aux yeux de tous les algériens ;  un prix de la pomme  de terre à 120 dinars et l’œuf, viande du pauvre, à 10 dinars l’unité !.... Pour ne citer que ces deux produits de base.

Il parachève son instruction en déclarant « que cette année (2013), la dynamique sera plus grande car le processus de recentrage que nous avons mis en place est sur le point d’être achevé.»

Le courant est à suivre quand il dit sans ambages que « L’heure de vérité est arrivée et nous allons pouvoir tester la solidité et la performance de ce que nous avons jusque-là bâti».

Qu’a-t-il bâti? Une aviculture sinistrée où le quintal de l’aliment dépasse les 4500 dinars, où des milliers de hangars sont vides suite aux faillites innombrables dans le secteur.

La mystification vient créditer ses déclarations lorsqu’il annonce que : Chacun doit se regarder en face au lieu de chercher les failles chez les autres. La marge de progrès est là et entre nos mains, saisissons-là et cherchons à la développer et mieux l’orienter. La qualité du produit algérien est avérée et cela est dû au retard que nous avons enregistré en matière d’engrais. »

Il oublie juste que le marché des engrais est entre les mains d’une caste privilégiée qui détermine à son guise le prix de cet intrant indispensable à une rigoureuse gestion d’un plan de campagne. Bien sûr, lorsqu’il fait référence à ceux qui cherchent les failles chez les autres, on pense à la leçon qui n’est qu’une redite depuis plus de 50 ans !...

 

Lorsqu’il fait référence à une amélioration des fruits et légumes, il oublie sans doute que d’humbles algériens peinent à avoir à leur table ces produits  qui améliorent toute ration alimentaire. Sans doute ne fait-il pas des tours au port d’Alger pour voir entrer par brassées entières des bananes, des kiwis et autre fruits dont les Algériens n’ont que faire. Pourtant, son bureau a une vue superbe sur le port d’Alger. Que sont devenus les vergers d’orangers de Mascara ? Que fais-t-on actuellement avec la dilapidation insidieuse des terres agricoles. Les exemples foisonnent à travers le pays ?

Bien sûr, lorsqu’on nous martèle maintenant qu’il faut oublier l’Etat, il a bien raison de le dire. Dès lors que les barons se sont bien servis des fonds du PNDRA et ont engloutis des milliards non remboursés et pris en charge par le Trésor Public, les autres agriculteurs doivent maintenant mener penser à l’investissement et de se débrouiller tous seuls !...

J’apporte ces points de vue car depuis notre indépendance, les dirigeants du pays n’ont pas eu une expertise dans le domaine agricole. Ils ont fait confiance aux cadres qu’ils ont nommés dans le secteur. Force est de constater que ces derniers se sont aplatis devant les directives, très souvent obsolètes et néfastes pour le pays. Si on doit dévoiler toutes les corruptions du secteur, un livre ne suffirait pas.

Ceci pour dire qu’il ne s’agit pas d’être docile ou gentils avec les hauts dirigeants du pays. Ces derniers ont fait confiance aux experts agricoles qu’ils ont placés ça et là dans les structures dirigeantes du secteur.

Il ne s’agit pas «d’être gentil pour conserver son poste et les privilèges y  afférents»,mais ce qui rend gentil et pondéré, c’est l’expérience, celle de s’ouvrir aux autres et au monde afin de mieux se connaître, de profiter des expériences des autres, enfin connaître la vie tout simplement et de ne pas rester à la traîne comme l’est actuellement notre pays où une famine n’est pas exclue !...

Badreddine Benyoucef, Le 11 Janvier 2013

 

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